Couv JMM 3

La voix court le plus souvent à sa perte, mais pour
Jean-Michel Maulpoix il y a cette injonction,« surveille
de plus près le silence ». Ici, le lyrisme n'ignore pas
l'aporie possible de l'effusion et de l'image.
La voix lyrique s'inscrit dans le discontinu,
l'effacement des genres, c'est un lyrisme au souffle le
plus souvent coupé, en apnée dans les mots et dans le
silence.
C'est une voix basse de commencements, avec la
violence d'être et de rester malgré tout dans le temps.
Jean-Michel Maulpoix, tenant au présent et le retenant
difficilement, intensément peut reprendre ces mots de
Ludwig Wittgentein, en date du 5 avril 1951: il est
tellement difficile de trouver le commencement. Ou
mieux : il est difficile de commencer au commencement.
Et de ne pas essayer d'aller plus loin en arrière.
Il y a ici un désir irrémédiable de tourner la
page, mais avec le vif restent des repentirs et restent
insistamment quelques mots : bleu, neige, terre...
adossés à l'oubli, brûlant l'oubli. Ce sont des mots qui
se retirent à l'extrême pointe des pas. Sans bruit. Dans
le retrait attentif. La lumière y attend, à la fois passante
et coupante.
Entre rester et repartir, le lyrisme ne se relâche en
rien, il se tient dans le présent, en sachant l'insupportable
jaillissement et l'insupportable écoulement, le lyrisme
est à l'extrême. Vif et critique.